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Mercredi 18 juin 2008


L’impression, toujours les impressions, qui ne sont pas le reflet, mais l’image, tronquée toujours, de ce qui est, ce qu’on pressent, ressent.
Comment à ce moment là ne pas se sentir un peu funambule, prêt à tomber d’un côté ou de l’autre du fil, prêt à perdre le fil. Combien de sauts, de danses sur le fil, de pirouettes légères ou maladroites, combien reste t-il encore de fil à traverser, comment faire avec le fil, est-il résistant? Fragile? Fil ou ficelle? Doi-on se grimer avant de donner sa représentation?

Et la vie reste un incident, un chemin, choisi parmi tant d’autres possibles, au gré de ses impressions, de ses envies, de ses expériences heureuses ou malheureuses. N’est-ce pas à dire que c’est le chemin qui nous choisit ?

Cette idée me déprime, tantôt, alors que par instants, c’est l’impression d’un vide enivrant, d’un vide plein de possibles.
Oui, les aléas.
Oui, les accidents.
Oui, les chemins choisis dans l’élan d’une impression.
Oui à l’aventure, à l’extraordinaire qui reste ordinaire, aux désirs, aux retenues, aux poésies, aux yeux de la Beauté qui "rendent chaque choses plus belles".

Mais alors que reste t-il du choix ? Le choix n’est-il vrai que dans le minuscule, les petites choses ? « Tu préfères le chocolat ou le café ? ». Et encore, est-ce que tout ça, ça ne nous est pas finalement imposé par notre environnement socioculturel?

Tout ça pour dire ce que bien d’autres ont dit bien avant moi, en mieux... Mais que mon cerveau engourdi prenne un peu de mal, qu’il se donne à broyer, et je pense, moi aussi.

Je pense donc je suis, Cogito ergo sum, le doute universel, et tutti quanti. Le doute méthodique pour atteindre la vérité… Mais Kant ! Mais Comte ! Que de chemins, encore !


La vérité pour moi est que nous ne maîtrisons jamais notre chemin, c’est l’association, le recoupement, les influences de l’extérieur et de l’intérieur, de soi et de l’autre, du monde et de notre appréhension du monde. On ne peut tout embrasser, tout recouvrir et englober dans une seule pensée, et la le choix devient absurde. Un recoupement toujours subjectif, qui n’a de vrai que dans les idées.


 
Les autres, et puis soi, les autres avec soi, le bonheur dans les petits moments, prendre le bon, le ton, le rire, l’élan, la douceur, la musique, les allégro, piano, forte, adagio, les mouvements (lol) et les sentiments qui nous saisissent, nous tordent, nous triturent, nous transportent, nous perdent. Le vrai, la racine de mon sentiment, le sentiment et l’impression, le vrai, pour soi ?
par Lily
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Mardi 17 juin 2008
Là, c’est une conversation sur le ton léger que le quotidien et la familiarité vous offrent parfois, quand on a la joie de se retrouver après une période sans réelle conversation, et là, soudain, on a envie de se parler, pas de sujet profonds, ni primordiaux… Quoique... Mais de choses gaies, ludiques, drôles, amusantes, surfaites.
Mais enfin, on a pas envie de se prendre la tête, mais de lancer des trucs qui ricochent de l’une à l’autre, avec critique, avec amour. C’est ce rapport que j’ai souvent avec ma sœur, et ça me plaît bien, ça. Bien sûr, « ça » touche en fait justement des sujets importants, primordiaux, qu’on caresse et qu’on flatte, qu’on apprivoise pour ne pas se tirer dans les pattes. C’est notre forme de respect, à toutes deux : on parle de tous les sujets sérieux sans aucun sérieux, on blague, on se connaît si bien après tout, on a pas besoin de se séduire, on l’est déjà. On est prévenues, en même temps, on connaît nos défauts, nos gris, nos noirs, nos blancs.

Ce soir, on est dans la cuisine, à table toutes les deux, tandis que notre mère, après le repas, s’active et ronchonne parce qu’elle a trop de choses à faire, trop de devoir à faire ; ma mère est une femme entièrement construite sur le devoir.
 « Je dois… », « Il faut … » ; « Mais si je fais pas, il n’y a personne pour faire… ». Ma sœur et moi nous en profitons, mauvaises filles que nous sommes ; nous l’aimons et en profitons complètement : vive cette énergie que possède une mère toute pleine encore de sa vie de femme, une mère-sœur parfois, une mère-mère à d’autres moments. Paisible et agitée, forte et fragile, soumise et révoltée, c’est ma mère toujours et encore. Là, c’est la mère-courage, qui se sacrifie, qui prends le devoir de ses filles pour elle, jusqu’à soigner leur animal et leur enfant : parallèle choquant ?
Ma mère ronchonne parce qu’elle en a marre de devoir sortir dans le froid nourrir encore les chiens qui ne sont pas les siens, qu’elle n’a jamais demandé à avoir, elle. En fait, ils sont deux, ils sont à ma sœur, qui s’en occupe rarement, puisqu’elle est rarement présente, elle étudie.
Ma sœur me regarde, sourire mi-figue mi-raisin, sourire caché qui se laisse étirer sur le coin de la bouche fermée. Ma mère, elle, sort dans la nuit et le froid, en robe de chambre…

- Heureusement, moi je n’ai pas de chien, lui dis-je d’un air satisfait. Et je suis heureuse de ne pas en avoir.
Ça sort tout seul, ces réflexions, et puis, ensuite, on s’entend et on se répond soi-même. Alors, je me réponds, à sa place :
- Heureusement, toi, tu n’as pas d’enfant…
- Et je suis heureuse de na pas en avoir, termine-t-elle, moqueuse, à l’aise avec ça.

Elle, elle aime mon fils, mais à petite dose, de loin, sporadiquement, avec discipline et rigueur. Ça m’a fait rire, ce pouvoir que j'ai eu, de comparer sans se choquer, sans me choquer, un enfant, mon fils, à un animal joueur et impatient. Mon fils si peu autonome, mon petit animal de 4 ans, si quémandeur, si pressé de grandir, si fier, si fier, qu’il remuerait la queue, s’il le pouvait, lorsqu’il arrive à faire quelque chose pour la première fois, cette tendance aux premières fois. Cette tendance au mouvement, aux déplacements, il est si joueur et si fatiguant, mon petit casseur de « zoreilles ». Il court au lieu de marcher, il hurle au lieu de parler : « Mamanananan !!!! » qui me tire dans un sursaut de ma torpeur passagère. Mon sans-gêne, mon égoïsme, mon amour, mon moi, mon lisse, mon compliqué, ma fierté, mon odeur sucrée. Je retrouve en lui, malgré moi, mes tics, mes dires, mes préférences, mon pastiche : mes caprices, mon envie d’amour que par fierté je n’impose pas, mon sourire « à fendre les joues », ma fossette au menton et mes froncements de sourcils des mauvais jours.
Je grandis en fierté quand lui grandit tout court. Je découvre ses découvertes, ses malices, ses étonnements, et les limites à ma patience et à ma douceur.
 - Je ne suis pas ta bonne, lui affirmais l’autre jour, alors qu’il m’ordonnais sans vergogne : « J’ai soif !» (Sous-entendu : « Va chercher de l’eau, c’est ton devoir, d’abreuver ton fils sans défense quand il a soif ! »)
Et le voilà qui me réponds tout de go :
- Ben, de toutes façons, c’est pas grave, parce que moi, j’ai un bon à l’école, c’est mon copain, il fait tout ce que je veux, de toutes façons…
« De toutes façons », c’est son nouveau leitmotiv…

De toutes façons, ma sœur, ses chiens, mon fils, ma mère, ce sont mes parallèles, mes lignes invisibles, tous mes temps en un seul lieux, ma famille, mes liens qui me retiennent, m’attachent et me relient à l’amour.









par Lily
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Lundi 16 juin 2008

Janvier 2008

Bonjour, M. Z.

 

Je voulais vous remercier. Je sais que maintenant, je peux passer une bonne journée sans devoir toujours me remettre en question. C’est aussi, surtout, grâce à vous : vous m’avez montré le chemin. Et je vous avoue que je ne vous écris pas sur un coup de tête, cette idée a longuement mûri… Mais j’avais envie que vous sachiez que je suis consciente du fait que vous avez tenu un rôle important, si ce n’est décisif, dans ma reconstruction. Non pas que je le sois complètement (Qui peut prétendre être achevé ?) mais je me sens tellement plus vivante, j’ai l’impression de valoir quelque chose, et c’est aussi en grande partie grâce à vous. Et je vous dois énormément, à ce titre.

Vous vous rappelez peut-être quelle pauvre fille j’étais quand j’ai débarqué en pleurs dans votre bureau, en me demandant ce que je faisais là. J’étais perdue. Je venais de faire quelque chose d’horrible, qui est le cauchemar de beaucoup de femmes, sans doute, mais que j’évite de trop m’en rappeler. J’étais en loques, je ne voyais pas d’issues. Et vous m’avez montré le chemin, j’y suis encore, je ne me suis pas encore trouvée vraiment, mais je sais que je suis sur la bonne voie. J’ai le désir de vivre, la plupart du temps.

Vous m’avez demandé d’écrire. Depuis, j’ai beaucoup écrit, je m’arrête souvent, trop à mon goût (écrire est un acte intime pour moi, et il faut être seul pour ça) puis j’ai une frénésie d’écriture, qui me purge de mes angoisses, ou qui les rend plus tangibles. J’ai souvent rêvé, avant, d’écrire des nouvelles fantastiques, parce que j’ai toujours adoré ça, mais ce que je produis et qui m’aide à avancer, ce mais ce n’est pas vraiment le genre science-fiction ou fantastique (Quoique… Il y a aussi des monstres, dans mon histoire, moi la première, peut-être.), puisque j’écris sur ma vie ; ce sont des réflexions, comme ça, qui me permettent de faire la part des choses.  Pour tout l’or du monde, je ne pourrais pas laisser ce que je me torture à produire à la vue et au su de tout un chacun. Mais qu’est-ce que c’est bon ! C’est bon et c’est aliénant en même temps. Vous, votre profession, vous avez du mérite. Je vous le dis, pour ça aussi : « Merci ».

Ma démarche, c’est de remercier les personnes qui m’ont aidée quand j’allais mal. Et elles ne sont pas si nombreuses que ça. (Deux seulement recevront la trace de ma singulière démarche, et heureusement, parce que je réalise que de plus en plus, il faut apprendre à compter sur soi-même pour être bien, certains – voire beaucoup – paraissent vraiment heureux de vous savoir mal, et saisissent l’occasion de faire l’étalage de ce qui va bien chez eux !? C’est humain, mais c’est parfois dur à supporter.) Certains m’ont aidée sans s’en rendre compte, en m’accompagnant dans mes envies d’humanités légères et riantes, dans mes sorties entre amis. Et j’ose espérer qu’ils ne les prenaient pas comme de l’aide, mais comme une agréable façon de passer le temps, un juste retour de réflexion entre amis. Ceci dit, je vous le confesse : je ne les ai pas beaucoup entendus, même si j’ai été attentive : bien sûr ils se confiaient, mais il y a cette pudeur chez certains que je ne pouvais pas avoir, moi. J’avais besoin de déverser un trop plein, et je leur suis reconnaissante de ne pas avoir paru ennuyés ou choqués.

Merci d’avoir rendu mon monde plus beau, de m’avoir fait réaliser à quel point la vie peut être belle et vivante, même s’il y a encore trop de ces trous noirs qui me donnent envie de m’enfermer et de me fermer au monde et aux autres, qui pour certains peuvent être si décevants. J’ai pris conscience de mes besoins, de ce qui me rend bien : des amis sans trop de prises de tête, des éclats de rire, des impression d’envols, mon fils et ses câlins, ma famille, et puis bien sûr mon travail, il me faut tout cela pour être bien. Je demande sans doute un peu trop, mais je demande quand même.

J’ai trop de défauts moi-même pour ne pas être indulgente envers certains, mais j’apprends à ne pas trop supporter et lorsque certains me renvoient à mon état de serpillière, je préfère mettre de la distance entre eux et moi. Parfois, il m’arrive de me demander ce qui ne va pas chez moi, et de toucher le fond du désespoir, lorsque je reçois des reproches et des remarques de la part de l’homme avec qui je partage ma vie, ou de maman, et alors, j’ai une crise de larme et de désespoir, c’est profond, et ça m’empêche de dormir, même si je suis épuisée. Mais je refuse de tout prendre, même si certains reproches peuvent être fondés. Je digère, et je me justifie. Je n’ai plus envie de me laisser faire ; si j’acceptais tous ces reproches, ce serait admettre que je ne vaux pas grand-chose, et je refuse de le croire (j’avais besoin de le réaliser, et vous m’y avez amenée.).

Vous, vous m’avez aidée parce que c’est votre métier sans doute, mais vous savez sans doute aussi combien c’est un métier de bien, parce que vous avez soigné mon esprit, mon anémie spirituelle, je n’avais plus le désir de vivre, juste celui de mourir au désir, pour ne plus ressentir que le vide, pour ne plus ressentir la douleur qui me mangeait à l’intérieur, la peur des autres, le tremblement, l’angoisse lancinante. Je sais que je vais devoir vivre sans votre écoute, que d’autres ont davantage besoin de votre temps. Vous m’avez permis d’avoir plus confiance en moi, vous avez légitimé ce que je prenais pour des crises de paranoïa, et je vais essayer d’écouter davantage ce côté-là. Je me rends compte que j’apprends à légitimer ce que je suis, et que c’est là mon principal changement. Il m’arrive parfois de retourner en arrière, mais je deviens un peu plus sûre de moi, j’apprends à m’aimer. Je me trouve plus douce avec mon fils, je crie moins qu’avant, je lui explique davantage les choses, et cette nouvelle maman me plaît plus.

J’ai des projets et  j’espère (je me mets au défit) construire ma maison avant la fin de l’année. Si ce n’est pas le cas, ce serai admettre ma névrose J. En mars, j’espère partir en voyage – Maurice, la métropole, peu importe, je pars. Je me suis découvert une nouvelle occupation ; le jardinage – à petite échelle ; je suis assez fière de mes plantations, de mes petites fleurs. Ceci dit, je dois me remettre au sport, que j’ai un peu laissé de côté ces derniers temps.

Voilà, je vais arrêter de vous énumérer mes marottes, je me fais un peu l’effet d’une élève un peu lèche-botte en train de montrer à son professeur comment elle apprend bien toutes ses leçons. Mon but était de vous remercier, et de vous montrer que j’ai tiré profit de tout ce temps que vous m’avez accordé. Merci encore. Est-ce que c’est la fin de ma thérapie ? Je me doute de ne pas être complètement guérie de ce qui me bouffe, mais est-ce que maintenant, vous croyez que je peux vivre et gérer toute seule mes ratés (j’en aurai, c’est inévitable), j’ai compris que je peux avancer, vous m’avez montré les outils, même s’il y a parfois ces crises de larmes et de reproches, ces drames, que j’ai en commun avec ma mère. Ces crises me paralysent un jour ou deux, mais je reprends ensuite le dessus. Je sais qu’elles m’abattent et m’usent, elles me confrontent à moi-même, me remettent en question. Peut-être qu’elles me font avancer… Peut-être que je ne suis pas la seule à avoir ce genre de crises, que c’est normal, je dois apprendre à les gérer pour qu’elles ne m’empêchent pas de vivre et de prendre du plaisir, mais c’est plus facile à dire qu’à faire.

Bon, il faut que je me décide finir cette lettre, merci de m’avoir lue et écoutée.

Comme je me serais perdue si vous n’aviez pas été là ! J’avais le cœur perdu et démoli, une serpillière, un pauvre bout de serpillière. Et je me suis raccommodée –  avec moi-même – au fur et à mesure. Et puis vous m’avez écoutée, patiemment, même si – et j’ai un mal de chien à le confesser – ça n’a sans doute pas toujours été follement intéressant : je suis déjà un peu sénile parce que je me répète souvent, et puis j’adoooore me plaindre. Donc merci d’avoir supporté ça, votre boulot ne doit pas être toujours évident, mais il est vital.

                                                                             

Merci.

L.
par Lily publié dans : Lettres
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Lundi 16 juin 2008

Janvier 2008

 

 

 

 

Salut, Copain de moi !

 

Je voulais te remercier.

Et je t’avoue que je ne t’écris pas sur un coup de tête, cette idée a longuement mûri… Rassure-toi, ça n’a rien d’une grandiloquente déclaration (Tu as eu peur, hein ?), tu sais déjà combien je t’apprécie, du moins, je l’espère. Mais j’avais envie que tu saches quel rôle important tu as tenu dans ma nouvelle manière de voir la vie. Non pas que je sois complètement construite (Qui peut prétendre être achevé ?) mais je me sens tellement plus vivante, j’ai l’impression d’être moins lourde, et c’est, aussi, en partie grâce à toi (et à mon régime lol).

Tu te rappelles de notre envie d’écrire un bouquin pour devenir riches, connus et aussi pour passer le temps ? Mon psy m’a dit que ce serait une excellente catharsis. Depuis, j’ai beaucoup écrit, je n’arrête pas, mais ce n’est pas vraiment le genre science-fiction ou fantastique (Quoique… Il y a aussi des monstres, dans mon histoire, moi la première, peut-être.) puisque j’écris sur ma vie, des réflexions, comme ça, qui me permettent de faire la part des choses et je t’assure que pour tout l’or du monde, je ne pourrais pas laisser ce que je me torture à produire à la vue et au su de tout un chacun. Mais qu’est-ce que c’est bon ! C’est bon et c’est aliénant en même temps. Tu sais que je suis une incorrigible bavarde (Ma digression le prouve bien) et quand je commence à blablater, j’ai du mal à m’arrêter, et il vaut mieux donc que ce que je dis soit intéressant (Ça parle de moi, donc, quoi de plus intéressant?!?). Je te disais donc que je veux te remercier. Je te le dis, tiens : « Merci Toi. ».

Comme je me serais ennuyée si tu n’avais pas été là ! Si je ne craignais pas le ridicule de la déclaration, je te dirais aussi que tu as été comme un frère, un peu léger, un peu fou, complètement amusant, et j’ai adoré les moments qu’on a passés ensemble à regarder le monde tourner, les gens passer, les filles défiler (j’aime aussi regarder les filles, mais peut-être – et heureusement – pas de la même façon que toi.). Et puis tu m’as écoutée, patiemment, même si – et j’ai un mal de chien à le confesser – ça n’a sans doute pas toujours été follement intéressant : je suis déjà un peu sénile parce que je me répète souvent, et puis j’adoooore me plaindre. Donc merci d’avoir supporté ça.

Depuis j’ai appris à ne plus me laisser autant aller aux crises de sensibleries, je fuis les crises ou j’essaies de ne pas dormir sans les avoir résolues. La vie peut être belle et légère, pourquoi se prendre le chou pour des broutilles ? Et ça n’a pas été évident de réaliser ça.

Ma démarche c’est de remercier les gens qui m’ont aidée. Et ils ne sont pas si nombreux que ça… Deux ou trois, peut-être. Certains l’ont fait sans s’en rendre compte, un peu comme toi, je suppose. J’aurai du te payer des consultations (tu as été une sorte de psy, d’une certaine façon… Tu devrais penser à te recycler… lol. Mais c’est vrai que tu y as pensé !) Et j’ose espérer que tu ne le prenais pas comme de l’aide, mais comme une agréable façon de passer le temps, un juste retour de réflexions entre deux amis. Ceci dit, je te confesse aussi que je ne t’ai pas beaucoup entendu, même si j’ai été attentive : bien sûr tu te confiais, – et même à ce papier je ne redirai pas les cochonneries que tu m’as avouées… Je plaisante – et je te connais un peu mieux qu’il y a dix ans, mais il y a cette pudeur chez toi que je ne pouvais pas avoir, moi. J’avais besoin de déverser un trop plein, et je te remercie de ne pas avoir paru ennuyé ou choqué. On se voit beaucoup moins, pour ne pas dire plus du tout ces derniers temps, mais j’ose penser que tu as, comme moi, toujours une pensée pour moi de temps en temps, une pensée positive, et je te répète que nos bavardages me manquent beaucoup. Merci d’avoir rendu mon monde plus beau, tu fais partie des gens qui m’ont permis d’avancer, de mes éclats de rire de cette impression de m’envoler.

Tu n’es pas une simple connaissance, tu es dans mes amis (ça se dit peut-être pas, mais c’est l’idée qui compte), dans mes besoins, entre mon fils et ses câlins, ma famille, mes bras chauds et familiers (L., pour le moment. Je sais toujours pas si je l’aime d’amour, mais j’ai vraiment besoin de lui, j’ai appris à le respecter, et à comprendre ses défauts, même si un jour où l’autre ces mêmes défauts vont me pousser peut-être à prendre la fuite... on verra.), et puis bien sûr mon travail, il me faut tout cela pour être bien. Je demande sans doute un peu trop, mais je demande quand même. Ça, et puis quelques millions d’euros ce serait bien… Je sais que l’on s’est éloigné depuis quelques temps, mais je pense souvent à toi, et à nos discussions, et j’ai adoré ces moments là ! Oui, je t’adore ! Mais bon, je voulais aussi te dire une chose, et pas des moindres, je l’espère, que tu peux compter sur moi, que tu sois bien, ou pas. Ce sera toujours un plaisir de te voir et de partager un moment avec toi. Sur ce, je te laisse, copain de moi, et à bientôt.

Merci encore.

 

                                                                                    Lily
par Lily publié dans : Lettres
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Lundi 16 juin 2008

 



Ma maman chérie, mon amour de maman,

 

 

Merci d’avoir rangé ma chambre.

Merci d’avoir nettoyé mes chaussures.

Merci d’avoir lavé et mis mon linge à sécher.

Merci d’avoir javellisé chaque centimètre carré de ma chambre.

Merci de rendre ta maison propre et agréable à vivre pour tout le monde.

Merci de m’encourager à sortir pour m’aérer la tête et le cœur quand ça va mal.

Merci de me soutenir lorsque ton petit-fils chéri veut tenir tête à sa maman.

Merci de nous avoir accueillis chez toi à trois reprises déjà (jamais deux sans trois, donc ça devrait logiquement être la dernière fois).

Merci de m’avoir soutenue à ta façon lorsque je me suis fais incendiée par tu sais qui (ça se voyait que tu ne trouvais pas ça juste).

Merci d’être aussi fidèle à ta famille et de les porter à bout de bras.

On ne le mérite pas toujours. Tu aurais pu laisser tomber mille fois, mais tu ne l’as jamais fait.

Je sais que toutes les deux, on a nos mots, nos disputes, peut-être qu’on se ressemble trop – sur certains points (je pense au nettoyage et au rangement, bien sûr ! lol ), mais je serais fière si un jour on me disais que je te ressemble un peu.

Je voudrais juste que parfois, tu penses un tout petit peu plus à toi, et pas à ce que les gens diront ou vont penser. On s’en fout !

Toi, et puis mon fils, vous êtes les seuls pour qui je pourrais en faire autant, sans regarder à me faire avoir. Parce que maintenant, je suis devenue méfiante, tendance parano.

Pardonne-moi de te laisser une fois de plus un samedi soir, mais si je ne sors pas, je sais que je ne vais pas forcément être de bonne compagnie.

Demain après-midi, je t’invite au cinéma… au Tampon, on ira voir « L’orphelinat », un super film d’horreur… En espérant que tu ne voudras pas rester scotchée à surveiller si mémé fait un pet de travers. Et en plus, on pourrait suggérer à ton frère de venir installer le chauffe-eau, histoire de ne pas laisser son frère et sa sœur infirmes, et sa mère âgée mourir encore plus vite d’une pneumonie ou d’une brûlure au troisième degré (à cause de l’eau à faire réchauffer sur la gazinière). Comment il peut se regarder en face ? A chaque fois qu’il prend une douche chaude, j’espère qu’il pense à eux, moi j’y pense, pas systématiquement, mais moi, au moins, ça m’arrive, et je ne sais pas mettre les chauffe-eau. Si ses fameux copains savaient ça ! Bon, ce soir j’en parle à ma cousine, sa fifille, je lui fait honte, ou plutôt je touche à ce qui faut pas toucher (« mon papa chériiii… »), elle me fait un caca nerveux, elle m’évite, et pour faire bonne mesure, j’appelle le papounet irréprochable par la même occasion.

Mais non, saute pas comme ça maman, je ferais pas tout ça, bien sûr, mais ça serait drôle, quand même, non ? Je les aime bien, en fait ; Ils sont toujours plus présents que d’autres. Et le quotidien fait qu’on ne peut pas tout gérer comme on le voudrait. Ce n’est pas toi qui me dirais le contraire, mon lapin pressé, toujours à courir après le temps, à mourir de n’avoir pas pu tout faire.

Et il ne faut pas se forcer. Tout le monde n’est pas comme toi, une femme de devoir, tu es forte, un roc ; tout le monde n’est pas aussi vrai ; quand tu hurles, tu clames ce que tu ressens, tu te donnes. Je suis si fière de toi.

Repose-toi, à demain, bisou, tu ne sais pas combien je tiens à toi.

Bon, tu es arrivée, je t’aime.

par Lily publié dans : Lettres
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Samedi 31 mai 2008

L'idée qui est toujours véhiculée par la télévision, les séries, la littérature : il faut se sacrifier, on ne se sacrifie jamais assez, il faut s’oublier, et, comme ça, de cette façon, les autres autour de vous vous le rendront au centuple, c’est la clé du bonheur.
C’est une jolie philosophie,celle de la religion, des religions : « Aime ton prochain comme toi-même. » Et même plus que toi-même, oublie toi pour les autres. Sacrifice, sacrifice, sacrifie-toi comme l’agneau ou le cabri, laisse couler ton sang, ton fiel, pour les offrir à autrui, pour paraître : sacrée folie oui ! Je pense que la religion, et l’éducation qui en résulte, peuvent aussi être à l’origine de pas mal de dépressions.  Des femmes qui attendent, toutes souriantes, les joies promises en récompense de leur vie de poupées acquiescantes, obéissantes.
Il faut obéir à son mari, obéir à tes parents, à ses parents, à la jupe longue. De frustration en mal de vivre pesant, de questions à impressions, ces femmes en arriveront à se sentir déplacées.
"C’est aussi de leur faute, elles auraient du se révolter, avoir un caractère bien forgé", mais si on ne les a pas laissé, pas permis, pas donné d’être comme ça, car c’est une faute de ne pas faire plaisir aux autres, un péché, comment auraient elles pu s’en sortir, et trouver une légitimité pour enfin penser à elles-mêmes?

C'est tellement facile de penser "attache-moi", et de se laisser aller, de se laisser faire.
Ceci dit, c’est encore tellement difficile, de se défaires ses attaches, c’est comme si j’étais conditionnée. Je me surprends encore trop souvent à donner, à dire : « Comme tu veux. » ou « Moi aussi, j’aime bien ça… » alors que je n’aime pas forcément. C’est difficile mais j’essaie de penser plus à moi. Depuis que je pense plus à moi, et que je fais passer mes désirs avant ceux des autres (que je continue à aimer, bien sûr) je me sens mieux avec eux. Pire encore, je sais que parfois ils me trouvent égoïste, changée, plus dure, et ça me fait plaisir, le plus souvent. Tant qu’ils me trouvent justes, et pas méchante.
 L. me voit plus comme ça, maintenant, et je vois moins d’amour dans ses yeux. Ceci dit, je continue parfois à attendre des choses qui ne viendront jamais : un peu plus d’attention, un peu plus de rêves et de légèreté.
Mais pas moyen, mes moyens à moi sont limités, mais j’essaie ; je lis, surtout des magasines féminins,  je fais du shopping, je rigole avec des copines qui se sentent aussi un peu seule, un peu incomprises, comme moi. Snifff! Je vais fonder un club. lol

Aujourd’hui,  ma mère m’a reproché de ne pas avoir répondu au téléphone depuis deux jours ; ça ne faisait qu’une journée. J’essaie de faire ça plus souvent, d’être moins disponible, surtout quand elle m’agace, ou qu’elle s’agace de ma présence. lol

Je me suis décidée à reprendre mon projet de maison, pour me reconstruire. Dernièrement, j’ai traversé une période extrêmement difficile, je ne savais plus ou j’en étais. Ça a été très dur, très noir, j’ai pensé au pire. J’ai été une mauvaise mère, je n’étais plus moi. Mon fils en plus a été malade si souvent, toutes les deux minutes il m’appelle, me hurle « ‘MAAAANNNNN » et je lui réponds : « Oui, ma vache ? »
Je n’avais plus de repos, je n’en pouvais plus. Le boulot ne me laissais pas non plus de répit. Je me suis pris la tête avec une collègue que j’aime bien.
Hier, j’ai écouté une vieille chanson, qui ne fait pas partie de celles que j’écoute en général, puisqu’elle appartient plutôt à celles dont je n’ai pas vraiment envie de me souvenir, même si je les subit parfois. « Je ne sais pas, je ne sais plus, je suis perdue… Fais comme l’oiseau… » Dans la chanson, on raconte qu’ « on » lui a parlé de quelque chose, de l’amour, et que c’était comme une légende, quelque chose qui n’existe pas vraiment. Encore une belle idée soufflée par notre héritage culturel. Est-ce que les sauvages de Rousseau avaient cette notion d’amour, d’un autre, amoureux ? Est-ce que c’est de là que vient le problème ? Adam et la création d’Eve (la femme, bien sûr, dans la société de machistes, est à l’origine du péché, pourquoi l’homme, c’est plus scientifique, ne serait-il pas issu du ventre de la femme ?) C’est l’idée même du couple qui serait la cause de nos maux ?
Peut-être faut-il revenir à l’essentiel pour être mieux. C’est peut-être ça le sens de la vie ? L'individualisme, pas l'égocentrisme.

Je devine qu’il faut d’abord que je pense suffisamment à moi avant de pouvoir penser aux autres. Mon boulot, c’est de m’occuper des autres déjà, et je fais mon devoir avec passion. Je veux que mon travail soit bon, je sais quels enjeux il y a pour mes élèves dans cette année qu’ils passent avec moi. Je crois aussi qu’on ne fait rien de bien et de vivant sans passion, sans la volonté extrême de bien faire. Mais faire aussi pour soi, bien faire aussi pour soi. Etre libre de soi.

par Lily publié dans : catégorie préférée
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Samedi 31 mai 2008

Arracher mes œillères, et regarder devant, c’est ce que j’ai appris de mon histoire avec mon ex. A moins que ça ne m’ai aussi appris à me regarder le nombril en pleurant. Mais j’avance comme je peux. Je n’ai jamais grandi très vite, je prends plus de temps que les autres filles, plus de temps pour mûrir. Il parait qu’il me faut apprendre à me faire du bien, à me faire plaisir… Donc, je prends plus souvent des bains. Ma baignoire, c’est mon refuge lorsque les autres, lorsque ma vie devient insupportable. Dans l’eau, je sens moins la pesanteur de moi, la pesanteur des autres.

J’ai quand même besoin des autres, leur présence est vitale. Même si j’ai souvent l'envie de m’enfermer à double tour dans la salle de bain, j’aime aussi les autres pièces de la maison.
J’ai besoin de la chambre de mon fils, qui est parfois douloureusement et profondément vide, de lui qui m’exaspère le jour par ses jérémiades et qui me fais fondre trois secondes après par son bon sens assourdissant (pour ses trois ans et demi) et puis ses câlins, ses étreintes parfumées de bébé doux... J’ai besoin de son souffle léger et tranquille, la nuit, sans les râles qu’il pousse lorsqu’il est malade et fiévreux. J’oublie parfois  combien je préfère les réveil intempestifs auxquels il m’oblige en hurlant soudant sous l’effet d’un cauchemar ou d’un caprice. Si j’avais dû choisir un enfant, je n’aurais pas fait mieux. Il est parfaitement fait pour moi.

J’ai aussi besoin d’éclats de rire au resto avec mes copines, ou des pauses du midi avec mes collègues, de confidences légères et de ce sentiment de partager, si ce n’est des expériences communes, mais au moins des sentiments, des avis sur tout et sur rien, et surtout, que ça reste léger.

J‘ai aussi besoin de la sueur de la salle de sport, de cette impression tellement grisante de faire impression sur mon corps pour aérer ma tête.

J’ai besoin de bras forts et chauds dans une étreinte, de bras familiers, compatissants, familiers, amicaux, qui me connaissent, qui m’ont déjà apprise…Même si l’attitude du propriétaire de ces bras-là ne suit pas toujours l’application qu’il y a dans ces étreintes. 
           J'ai besoin des regards approbateurs, appréciateurs, de mon reflet dans ton regard, de mon image dans le regard de l'autre. Du bon, des critiques, des remises à niveau. J'ai peur du jugement, et je m'en tape...

par Lily
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Samedi 31 mai 2008

Vous ne vous en rendez pas compte, mais j’aime les ratures. J’ai réécris par traitement de texte ce que j’avais écris (et c’est là pour moi le vrai sens du mot « écrire ») à la main. J’aime les « ( ) », les « … », les « – bla bla – », et les ratures (je l’ai déjà dit et j’aime les stylos aussi). Peut-être parce que les ratures sont à l’écritures ce que les ratés sont à la vie. Les ratures devraient exister aussi dans la vie réelle (un bon pistolet ?), comme des fantasmes réparateurs qui prendraient vie… Et hop ! Je raye mon ex abruti de ma vie !Ce serait bien, non ? La prochaine fois qu’il viendra récupérer mon fils, je prendrai mon stylo, sait-on jamais ? Bon, en même temps, on pourrait voir les ratures comme des cicatrices peu esthétiques, des blessures, bien sûr, des traces voyantes et un peu vulgaires d’un erreur, et qui prête par sa présence à l’interprétation. Le texte avec rature parle plus par ses manqués que celui qui est vierge. Et puis, il y a les fautes d’orthographes. Dans mon métier, on évite d’utiliser ce terme, parce que ça renvoie à quelque chose de trop fort ; « faire une faute » rappelle le péché originel, la faute qu’il est difficile d’oublier et de pardonner. Mais en même temps, l’erreur, puisqu’il faut l’appeler comme ça, n’est-elle pas un reflet de la personnalité ? Le traitement de texte gomme l’erreur… Ce n’est pas toujours bien.  L’erreur nous appartient, elle forge quelqu’un, comme elle laisse sa marque sur un texte, comme elle permet à son auteur d’être unique, original, et de s’approprier un trait social (l’acte d’écrire).

J’aime écrire, finalement, même s’il ne s’agit plus d’écrire au stylo. Avec le stylo, je trace, j’imprime ma marque, c’est comme une sorte de dessin. On peut presque lire l’état d’esprit du scripteur – ça m’aurait plu d’être graphologue. Et les palimpsestes ! Quel joli mot ! On a oublié, aujourd’hui, la beauté des manuscrits ? C’est donc, si je compte bien, le troisième jet d’écriture que vous avez devant les yeux. Alors, qu’est-ce qui est le plus authentique entre le manuscrit et la version finale, retouchée ? Qu’est ce qui nous ressemble plus ? Ça se discute, je crois.

par Lily
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Samedi 31 mai 2008










Le temps est aussi un problème.
Car, quand je ne suis pas prostrée devant la télé (après avoir accompli mon devoir de maman et de chérie, en ayant mis –aussi mon ami au lit), je m’active en permanence, j’ai l’impression que ma semaine, et parfois mes week-ends, sont  une course de fond (même si je n’ai jamais fait de course de fond, j’aime le mot pour l’idée d’effort profond et prolongé qu’il implique).
 Je n’arrête pas, et pourtant mes efforts ne sont pas toujours efficaces. Certains font des choses incroyables en peu de temps : je connais un collègue qui travaille sur des fiches et les boucle en quelques minutes, là où moi, je mets des heures. Mais je dois reconnaître que j’ai d’autres facilités. Ceci dit, l’impression de courir après le temps, le repos, est souvent là : je suis pas le lapin de Duracell, moi c’est celui qui s’effondre avant la fin, ou le lapin blanc, dans Alice au pays des merveilles. Je passe mon temps à ranger, déranger, nettoyer, salir, à re… et à re…
 Vos voyez ce que je veux dire ? C’est la vie, allez-vous me dire, mais moi je sors de là à bout de souffle, et ensuite, je m’oblige à faire les choses, je ne les vis plus. Je déplace des montagnes sans m’en rendre compte pour trouver un grain de maïs qui s’avérera stérile souvent, et là, ça m’énerve. J’ai l’impression d’être inefficace et ridicule. Ça me frustre. Mais bien d'autres ont écrit sur la fuite du temps, qui savent mieux que moi l'exprimer.

par Lily
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Jeudi 15 mai 2008

 

J'adore les chaussures... 

Il y a d’abord les toutes nouvelles chaussures que je me suis achetées, hyper à la mode, vernies, rouges, à talons, et évidemment : je les adore, je les porte très souvent et elles vont avec tout. Elles sont rutilantes, toutes les autres filles se demandent où je les ai trouvées (secret !), parce qu’elles voudraient bien avoir les mêmes : mais, non, elles sont à moi… Très actuelles, elles ont l’air inusable et je pense que je vais les garder très longtemps, car on en rencontre pas souvent dans sa vie, des chaussures comme celles-là. Ce sont les plus belles !

Il y a ensuite ma paire de chaussure la plus ancienne, un peu usée, mais bien confortable : des baskets avec des semelles aéro-compensées, à l’épreuve de l’eau et des sentiers.  Dans les vrais coups durs, je peux toujours compter sur elle, même si je ne les mets plus très souvent : il arrive qu’elle me fasse trop mal aux pieds ; c’est qu’ils sont devenus sensibles, mes pieds, avec le temps et ses épreuves ; mais c’est sûr, ces chaussures-là, je ne pourrai jamais les jeter, je les regretterais trop, et davantage. Ceci dit, il y a des moments où je ne les supporte vraiment plus : alors je les fourre au fond de mon placard, histoire de pouvoir les ressortir un jour en les regardant avec la même émotion que j’ai ressentie la première fois où je les ai achetées.

Il y a aussi celle que je porte tous les jours pour le travail ; confortables, de très bonnes qualités,  et surtout, je sais que je peux compter sur leur indéfectible allure. Je peux trottiner avec dans les couloirs du collège, et entre les tables des élèves plus ou moins appliqués. Je trouve qu’elles me vont bien, qu’elles sont franches, raisonnées et me soutiennent dans mes trajets quotidiens… Je les ai payées cher, j’ai eu du mal à m’y faire, mais je ne pourrai plus m’en passer.

 Après, il y a les autres, celles que je mets de temps en temps, avec des tenues décontractées, et que je suis bien contentes d’avoir ; oui, je les apprécie aussi beaucoup. Elles sont légères et gaies, colorées comme un jour d’été. Parfois certaines se cassent, celles-là ne sont pas solides, et en général, je les oublie vite. Et puis, il y a celles qui ont des accidents, comme ce côté de chaussure que je n’ai jamais beaucoup porté, puisqu’il a été mordillé par le chiot.

Mes meilleures amies sont mes chaussures...

Mes copines, je les adore, je ne pourrais pas m’en passer, elles me sont aussi nécessaires que mes chaussures : indispensables, mais pas toutes en même temps ! Elles vous sortent toujours du mauvais pas. Sans elles, je ne serais pas tout à fait moi, je ne serais pas femme, pas forte, pas finie ; je suis une adepte des chaussures, une Shoe addict
Et j’ai  mes préférées, celles qui auront toujours la priorité sur les autres.
Je suis là pour les faire briller, les nettoyer, les confier à un formidable cordonnier… bon, là je pousse un peu,  mais les chaussures sont le principal atout d’une femme ; elles lui allongent la silhouette, dans le cas des chaussures à talon (mes favorites), la soutiennent dans ses efforts (viva les chaussures de sport) ; elles sont le lien entre la femme et la terre, lorsqu’on a tendance à s’envoler sur un petit nuage, elles lui permettent de garder les pieds sur terre. Ce sont les armes d’une femme moderne (un coup de talon aiguille, n’importe où, comme ça doit être douloureux !) et avertie : avec une bonne paire de chaussure, tu iras loin ; ne la prends pas trop lourde, et tu iras le pied léger !
Blablabla. Bon passons.

par Lily
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