Lundi 9 mai 2011 1 09 /05 /Mai /2011 17:15

J'ai perdu mes bottes,

Mes bottes de sept lieues,

Mes bottes rouges,

A talons rouges sanguines

 

J'ai trop dansé dans les chemins,

Trop cabossé,

Mes bottes,

Trop usé,

Ma bosse...

 

Mais j'en ris, tu sais,

J'en ris,

A force d'avoir usé mes yeux à trop penser...

 

Le mauvais temps a terni le verni,

Patiné le cuir,

Usé mes semelles, que j'ai frottées, frotti-frotta,

A l'asphalte sans complaisance

Des routes bitumées

 

Les voyages ne m'ont pas formées,

je me suis lancée dans la danse,

Au petit bonheur, aux petits malheurs,

Aux petits bonheurs.

 

Mais j'en ris,tu sais,

J'en ris,

Mes yeux usés n'en finissent plus, de se remplir de rires,

Ils s'assèchent et découvrent que l'idéal n'est pas ici, le pire non plus,

Que demander de plus?

 

Je n'attends plus le soleil, je suis allée le chercher,

Pour que sur le cuir lissé de mes bottes,

Se rallume la lueur sanguine

 

Je l'ai trouvé dans la douleur intense et dans le sang,

Dans lavie que j'ai donnée,

Les yeux qui se sont ouverts et la lumière que j'y ai mis,

J'ai mis la douceur au monde

 

Je piétine impatiente, de continuer la danse

Qui ne s'arrête jamais

qu'au bout de ce que tu sais.

 

Cette danse stupide, qui te porte au sens,

Qui te mène étourdie, où, déjà?

Là.

 

Par Lily - Publié dans : Poésie
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Lundi 20 décembre 2010 1 20 /12 /Déc /2010 13:07

femme-arbre.jpg... pour se trouver.

 

« C’est terrible ! » comme dirait mon inoubliable professeur de français en roulant les « r » et sa moustache frisottée… C’est terrible, je suis obligée de faire le constat suivant : depuis mon accouchement,  je n’ai plus de vie sociale.

 

 C’est en ouvrant hier soir ma boîte de réception que j’ai été terrassée par cette idée…

 

Les seuls mails que je reçois sont ceux envoyés par des boutiques de vêtements, des sites aux quels je suis abonnée, ou par mon boulot (je ne compte pas les « spam ») . 

Les seuls appels que je reçois sont ceux de la nounou du touptibou ou de mon cher et tendre colocataire qui me demande de passer prendre le pain ou le bébé. Parfois, ma mère, qui s’inquiète de savoir si je survis (Oui, je survis !). Ma sœur, un peu plus rarement.

 

Sniff ! Je ne vois plus personne (ou trop rarement) à part mes collègues ; plus d’ami(e)s à l’horizon de ma boîte email, de "texto" délicieux, plus de  petits encouragements depuis que je suis devenue une nouvelle maman. Sans compter notre déménagement à une bonne heure de route – comprendre ce l’autre côté de la terre – une délocalisation obligée mais qui isole, c’est sûr.

 

Plus rien, donc, depuis qu’il est de notoriété que je suis enfin heureuse. Et casée. Et maman une seconde fois… On dirait bien que je suis une femme comblée.

Si vous saviez... (Quelques unes connaissent, c'est certain...;-)

 

En réalité...

Je réalise qu'il me manque une grosse partie de ma-vie-d'avant.

 

Plus de câlins coquins, plus de bisous tendres du tendre, harassé lui aussi par ses journées bien occupées.

 Plus de plage d’ennui (je suis si nostalgique de l’ennui !), plus de grasse matinée, plus de repos, plus de sommeil réparateur…

Plus d’éclats de rire à vélo, sous le soleil, de course sous les filaos, sous le souffle de la mer, d’air qui file à mes oreilles, et de moucherons aspirés par le nez au rythme de ma course.

Plus de jolies jambes fuselées à glisser dans leurs jolis souliers.

Plus de joli derrière musclé par la pratique du vélo, à poser sur une chaise de resto ou de pub, pour se laisser aller à discuter, rire, regarder les gens et le temps passer.

Plus de cancans "cocoon", de racontars entre potes et potasses, de complicité aux terrasses des cafés (Vous me manquez, les filles, et toi  F !).

Plus de textes acidulés, de dessins af-futés, de couleurs à poser, plus le temps.

Plus de shopping (enfin, si, là, je trouve le temps un peu quand même ;-)

Plus le temps non plus d’aller voir mon cher psychologue (zut, j’ai oublié, il a décidé d’aller faire le tour du monde, quelle veine pour lui, zut pour moi), pour qu’il me remonte les bretelles et le moral.

« Et c’est le temps qui court ! » (Mes références musicales sont discutables, mais c’est comme ça !)

 

En contrepartie...

Des bisous en partance furtifs en passant, de ceux qu’on glisse du bout des lèvres pour ne pas de laisser démaquiller, juste avant de remplir sa journée et ses obligations professionnelles. Plus le temps, vite…

 

Des jambes fatiguées, tremblant sous leur cellulite bien implantée. 

Des pieds gonflés, qui s’étalent dans des sandales essoufflées.

Des talons hauts qui se font rares car douloureux… Plus l’envie…

 

Des nuits courtes, entrecoupées par des pleurs de bébé affamé.

Des nuits dans un lit qui ne sert plus qu’à gagner un peu du sommeil perdu, un havre qu’on regagne le soir venu avec une notion du temps qui a changé ; la certitude nous tient que les jours se rallongent au détriment des nuits ! On tombe comme une masse après avoir vaguement préparé la journée du lendemain pour le boulot. Plus de câlins (Allez, si, de temps en temps, le week-end, quand la folie nous prend !).

 

Du maquillage, un peu. Il en faut bien, pour tenter de dissimuler cernes et taches : Oh le joli masque, qui n’empêche pas cependant de recevoir son lot quotidien de « Oh, tu as l’air bien fatiguée ! ». Plus le temps de se reposer…

 

Une crinière qui a perdu la soie de la grossesse, et qui se dépouille...  (En même temps, j'ai une telle touffe de cheveux que je ne crains pas la calvitie!). On tente le matin de l’apprivoiser en une sorte de flou artistique (plus flou qu’artistique, c’est sûr). Pas de coiffeur, plus le temps…

...

Bref, j’arrête là, c’est trop glamour !

 

Après l'avalanche de visites pour la naissance du petit, c'est le calme plat. C’est vrai que je n’appelle pas souvent. Que je ne réponds pas toujours à mes mails (mea culpa). Et puis, je sais qu'on laisse les jeunes pare,nts traquilles, parce qu'on a peur de réveiller bébé, qu'on les sait trop occupés.

J’ai bien sûr rencontré ces derniers temps des gens intéressants, des filles, des mamans, des papas…  près de ce nouveau chez moi. Mais pas le temps de les voir, non plus, sinon en coup de vent.

Et puis, vous entrevoir, une fois, comme ça, au détour dun baptême ou d'un dîner (quand il nous arrive de mettre le nez dehors), ça me rend nostalgique...

 

Allez, une année pour se reconstruire, retrouver une forme de sportive surentraînée (ceux qui me connaissent doivent rigoler), un mental d’acier, un humour vif, renouer avec les amis délaissés, et repartir du bon pied.

 

Je persiste et signe, c'est dur de se conjuguer à tous les modes (maman, amante, amie, enseignante, sportive du dimanche et coquette avérée) mais mon bébé d’amour n’aurait pas pu tomber plus à propos. Ça, c’est vrai…

Et puis, sans les défis, la vie serait trop facile, non ?

Non (ça, c’est carrément faux, de la mauvaise foi en conserve) mais faut bien trouver quelque chose à dire pour conclure (Mon excuse : j’ai un cerveau de mère, donc un peu moins entraîné, mais j’y travaille).

Par Lily - Publié dans : catégorie préférée
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Lundi 20 décembre 2010 1 20 /12 /Déc /2010 12:00

 RenaissanceDes yeux noirs brillants de faon, quelques poils sur le caillou, les gencives à l’étalage,  un derrière et des cuissots rosés et dodus. Et des menottes douces et rondes, prêtes à arracher tous les cheveux, boucles d’oreilles et autres colifichets que vous mettrez à sa portée. En chiffres : 6 mois, 68 cm, 8,5kg et 0 dents.

 

C'est le bonheur quand il serre mon visage entre ses petits poings, qu'il ramène sa tête baissée tout contre ma joue, quand ses yeux se ferment sous ses longs cils, il se roule en boule dans mes bras, apaisé, et  là, nos souffles se confondent. Je suis amoureuse de mon bébé.

 

Babillages ininterrompus,sourires et rires en cascades, à fondre les coeurs.

Couches, nuits sans sommeil,  biberon en mode "somnambule".

 

Je mesure avec mes petitbous l'amour que ma mère a dû avoir pour moi.

Par Lily - Publié dans : catégorie préférée - Communauté : Ma plume chatouille...
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Lundi 22 novembre 2010 1 22 /11 /Nov /2010 21:14

Je suis une femme pas toujours au mieux avec tous, parfois en désaccord, mais à l’écoute, le plus souvent, des tons et des demi-tons qui font des femmes ces êtres à part.  Tantôt yin tantôt yang. Un peu ange, parfois démone, étrange à moi-même, insaisissable. Je ne me connais pas. Mais parmi celles que je croise, je m’entrevois parfois. Je m’apprends, me surprends.

 

Le dessin que je vous trace ici, est un portrait un peu chafouin, je vous l’accorde, de cette sorte de femmes que j’ai croisées plus d’une fois, de celles qui se croyaient de pouvoir, mais qui s’avéraient trop souvent de peu de foi, un peu fragiles, un peu vaines, et sans autre intérêt que le leur.

 

Je les appelle les V. (Référence aux envahisseurs de la série bein connue).

Elles sont de cette sorte de femmes aux désirs en sourdine, de cette série de bonnes femmes pétrie par les menaces des coups du sort. Le sourire facile et la poitrine amène, la démarche décidée,  le port de tête un peu hautain, toujours un peu débordées enfin, elles tâchent sans doute de remplir une vacuité envahissante qu’avait creusée ce sentiment d’abandon qui les tient au cœur, par des coupes de champagne à l’envolée et des rires de gorges un peu gras. De peur des lendemains fragiles, elles tiennent à assurer leurs pas.

Mais sous les crinières, le sourire est retenu, le rire un peu fêlé parfois, et les levés de verre hésitants à la commissure des lèvres.

 

Et parfois aussi, au détour d’une conversation à bâtons rompus, entre les récits et les confidences, elles marquent un temps à douter de l’acte en cours,  du mots qui leur échappe, de ce qu’elles trahissent d’elles à petites goulées, et elles se mettent alors en mode « méta-attitude », à « repasser » dans leur tête les paroles et les non-dits, un peu comme en appuyant sur la touche « replay ».

 

Pas dans la vie… mais dans leur tête. Dans l’attitude. Pas dans l'être. Car paraître, parce que c’est ce qu’elles savent encore faire de mieux.

 

Apprécier et goûter l’instant ne leur paraissent plus qu’artificiels, car elles ont oublié, comme au temps béni de l’enfance, comment faire pour prendre le plaisir tout nu dans les découvertes et les rencontres, sans les bouffées d’agressivité qui leur montent à la bouche et les calculs que leur impose un quotidien trop longtemps subi. 

 

A force de lever le coude, elles avaient remplacé la tendance par l’obligation, avec cette espèce d’alcoolisme mondain qu’il est de bon ton de posséder pour être bien dans le monde – surtout quand on ne l’est plus avec soi. Oui, elles avaient de la bouteille (c’était bien le cas de le dire), veulent que ça se voit, que ça s’entende.

 

Donc, elles parlent haut et fort, la voix rauque, éraillée par un débit important ; elles y vont la mâchoire en avant, d’un ton qu’elles veulent sans réplique, et comme si le monde entier ne pouvait qu’être pendu à leurs lèvres, avec des hochements de tête ou de larges mouvements des bras qui appuient leurs dires et rythment la représentation.  On diarit à certaines occasions un ténor plantureux pérorant dans son nouveau ramage. Elles énonçent ainsi leurs avis comme des faits, avec l’évidente volonté de passer l’obstacle sans se voir frustrées du plaisir de contrôler un peu une partie de quelque chose.

 

Elles servent à tout vent, et pour chaque situation, une attitude qu’elles ont en en réserve, comme d’autres ont du bon vin. Toujours du réchauffé, du buffet froid (Pour parer à ceci, il faut servir celà, et il faut bien passer à la suite du repas). Pareilles à ces chattes au ventre rond, qui, d’un coup de griffe à la réputation de l’un, d’une chiquenaude à celle de l’autre, et ce, malgré leur évidente incapacité pour les postes à responsabilité, arrivaient à faire illusion un temps, elles finissaient, au cœur d’une tempête de rancœurs, par retomber sur leurs pattes, auréolées d’une certaine outrecuidance qui en imposait à certains et qui en écœuraient d’autres. 

 

En faisant ce portrait, je me montre dure, méchante, me direz-vous.  Même si je n’ai aucun goût pour le champagne, que je préfère le vin…  J’ai, à ce qu’il paraît, la voix et le geste doux… Mais allez savoir si, en palabrant aussi longuement je ne me reconnais pas un peu ? Qui n’a jamais péché…

Par Lily - Communauté : Ma plume chatouille...
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Dimanche 15 août 2010 7 15 /08 /Août /2010 16:32

Renaissance


  Tu ris

Je respire

Ton souffle et tes sourires


par Lily

Par Lily - Publié dans : Dessin - Communauté : Ma plume chatouille...
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Dimanche 15 août 2010 7 15 /08 /Août /2010 16:25

Monde gris

"Mon monde est gris parfois, c'est le gris de la crise."

Une grosse boule, qui s'amasse dans la gorge,

Et qui gonfle pour mieux m'envahir.

Ma flamme vacille,

Tu respires

Et je ris.


par Lily

Par Lily - Publié dans : Dessin - Communauté : Ma plume chatouille...
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Dimanche 15 août 2010 7 15 /08 /Août /2010 15:43

Dinde de Noël


Qui ne s'est jamais senti dans la peau de la dinde?

par Lily

Par Lily
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Dimanche 15 août 2010 7 15 /08 /Août /2010 15:29

Re-Moi
Qui je suis...
par Lily

Par Lily - Publié dans : Dessin - Communauté : Ma plume chatouille...
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Dimanche 15 août 2010 7 15 /08 /Août /2010 15:23
Par Lily
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Dimanche 15 août 2010 7 15 /08 /Août /2010 15:11
Par Lily
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Dimanche 15 août 2010 7 15 /08 /Août /2010 14:57

Photo

 

En soi...Rien qu'à soi, parfois. Pour mieux être aux autres.
par Lily

Par Lily
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Vendredi 6 août 2010 5 06 /08 /Août /2010 01:34

 

Merci mon amour

Mes humeurs changent et me dérangent, mais je suis toujours la même.

Je me découvre, face à toi, contre toi, avec toi.

Avec toi, mon amour, je me découvre unique et changeante, « ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre ». Si tes reproches ne me changent pas, les miens n’ont pas davantage l’avantage. Tes sourires et ta présence suffisent à me rassurer (je te vois sourire d'un air dubitatif, mais si, je t'assure, tu me rassures). Ta patience tranquille quand je m'emporte contre moi, toi, nous et les autres.

Avec le temps, j’arrive enfin à croire que tu me prends comme je suis (même quand j’ai peur de me donner) sans remise en question. Avec mes coups de gueule intempestifs, mon corps de maman toute neuve, et nos prises de tête.

Te voir pour la première fois a fait naître en moi un sentiment si fort, mêlé d’amour et de crainte. Pas d’amour sans violence douce-amère. J'avais peur que tu partes, que tu me laisses. Je n'ai plus peur aujourd'hui. 

Notre amour est là, aujourd’hui, on le tient dans nos bras, on le voit grandir et prendre du poids chaque jour. Avec ses yeux profonds, son petit front,  ses poings serrés, et sa tête minuscule, douce et tiède, que je tiens toute entière au creux de ma main. Une énorme envie de le protéger. Une boule à nouveau monte de l’intérieur ; je peux enfin écrire : c’est le bonheur.

Je suis chez moi avec toi.

Par Lily - Publié dans : Réactiver le bonheur, le bon heurt
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Mercredi 14 juillet 2010 3 14 /07 /Juil /2010 11:32

J’ai six mois…

J’ai six mois, et mon petit polichinelle gigote et galipette dans mon ventre arrondi. Balle ballotée dans les rondes de mes rondeurs. Grosse, je me sens remplie. Je devine ce qui m’attend, dans ma tête, dans ma chair, je n’en suis pas à mon coup d’essai. Oui. Mais, tout me semble différent, nouveau… J’apprends.

“Moi”? J’ai six mois… Je peux dire “Moi”? Je joue avec le lien… Je flotte léger dans ma caverne douce et tiède ; je prends, curieux, j’écoute et goûte : sons, voix, musiques étouffées, légèreté et transparence d’aquarium, je me construis lentement, un jour ressemble à toujours. Le temps ? Qu’est-ce que c’est ? J’apprends.

J’ai un soleil à l’intérieur, un petit soleil que je porte tant bien que mal, temps bien que mâle, en dedans. Je renais à de nouvelles sensations, à des sentiments en dents de scie, à des « Et si… ». Je renais à l’espoir, au désespoir, j’ai six mois, six mois de quoi… attendre,  j’attends…

J’ai six mois, je vis sans avoir commencé ma vie… Je ne suis pas encore sorti de l’eau, du trou noir. Autour, tout baigne dans une rassurante obscurité. Parfois, des lucioles dansent autour de moi. Parfois, une lumière vive me brûle le cerveau, j’ai des impressions colorées. Je virevolte, je ne sais pas que je pense, je ne suis pas né, encore, mais je vis, je viens, je virevolte ; j’attends, mais quoi ? J’attends !

J’ai six mois… Je suis une femme pleine. Énorme, plus de normes dans mes seins, dans mes sens. Pleine d’espoirs, de gros espoirs, de désespoirs parfois, de peurs… C’est à désespérer. Pleine de peines dans la caverne cervicale. Pleine d’un espoir, petit et immense. J’espère, j’ai peur, je me résonne, déraisonne, je raisonne. Ça résonne dans ma caverne.

Ça résonne dans ma caverne. J’ai peur, je suis bien… J’ai hâte… Mais je veux du temps encore, attendre encore, pour me construire mon espoir. Prends ton temps mon petit, savoure le temps qui passe. Mois qui passent, mois, et moi, et toi ; émois. Deux “moi”. Six moi, et plus encore… Nous serons deux bientôt.

Par Lily
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Jeudi 26 novembre 2009 4 26 /11 /Nov /2009 11:24

Je voudrais ce matin naître au monde

Je voudrais ce matin être un page vierge, sans marbrure, sans sillon de parchemin

Je voudrais voir le soleil, danser entre ses rayons,

Sourire à mon amoureux

Et manger de la confiture avec les doigts.

 

Etre toute de blanc vêtue,

Ne pas me maquiller, avoir les lèvres rougies aux fruits sucrés

Etre jolie sans coiffure et gaie au pied du lit

Marcher pieds nus dans l’herbe humide

 

Sautiller sans peine au lieu de marcher

Danser, bondir, au lieu d’avancer

Courir et rire, sans prendre de problèmes à bras le corps

Etre légère de légèreté

 

Lâcher prise sans être lâche

Rire sans retenue

Prendre chaque seconde comme une chance

Pour ne pas me dire un jour :

 

« Je suis malade, aujourd’hui…

Pourquoi ai-je laissé autant de bêtise

M’embrumer le cœur et me rendre aigrie? »

 

Je ne veux pas être une femme grise,

Je veux du rose à mes joues, de la vigueur dans mon bonheur,

Des petits pendus à mon cou
Des sourires doux d'enfants
Du bonheur à donner
Aider au lieu de l'être
Je veux vivre aujourd’hui.

 

Par Lily
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Jeudi 29 octobre 2009 4 29 /10 /Oct /2009 09:51
J’entre dans la pièce chichement éclairée. La table d’examen au fond. Un écran à ses pieds, légèrement en hauteur. « Allongez-vous, remontez votre jupe, le médecin ne va pas tarder. ». J’attends dix minutes, mais ça paraît toujours plus long, vous le savez bien. Je me suis assise, ma jupe sagement rabattue sur mes genoux. J’étends les jambes sur le papier qui recouvre la table. Le poids de mes mollets qui s’élargissent sur le lit. Vu d’ici, j’ai des mollets de petite fille. J’aime mon vernis rouge sombre et le contraste qu’il fait sur ma peau. Des pieds de femme. Même dans la pénombre. Pensée incongrue dans ce moment. J’ai mal au ventre. Où est-il ? J’aurai aimé l’avoir près de moi, mais il garde mon fils. J’ai mal au ventre. J’ai mal au ventre depuis le début. L’impression qu’on me tire le ventre vers le bas. Et qu’il se durcit de l’intérieur. Et comme si j’avais mes règles. Des tubes de gel sont alignés sur une étagère, des préservatifs dans un réceptacle. J’attends. J’essaie de stopper mes pensées. La porte s’ouvre. Le médecin entre et puis ressort par une autre porte dans le même angle. « J’arrive… », me glisse t-il en passant. Le voilà qui ressurgit une minute plus tard. Il a l’air gentil. « Bonjour… ». […]
Ce jour-là, après l’examen, il m’a annoncée que je perdrai peut-être le ridicule bout de vie dont je venais d’apprendre l’existence.
« Existence », je ne sais pas si ce terme est employé correctement, en fin de compte. Ça fait à peine dix jours que je sais que tu es là.
Chez moi. En moi.
De retour chez moi, je suis restée des jours allongée, à ronger mon frein, en plein laisser-aller. Je crois que je quittais mon lit pour gagner le canapé. Toilettes, cuisine, chambre, salle de bain… à l’horizontale. Je mesurais chaque minute, je pleurai, allongée, le ventre douloureux, l’estomac malheureux, dégoût et compagnie, je bavais comme un bébé (et ça, je le fais encore) au dessus de la cuvette des toilettes ; triangle cuisine, salle de bain, télé. Plus d’écriture. Plus possible de procréer de cette façon là quand l’autre se refuse à moi. Je déteste ça. Et par-dessus tout ; l’incertitude… Pendant près de deux semaines. Encore aujourd’hui. Un hématome déciduale, un décollement, quoi. Mais à la seconde échographie j’apprends que mes efforts ont payé, l’hématome se résorbe doucement. Mais rien n’est joué. J’ai toujours le ventre qui tire vers le bas.
Par Lily - Publié dans : Broyer le noir - Communauté : Ma plume chatouille...
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Mots pour dire, nommer, identifier soigner ; des mots pour guérir, des mots pour écrire, et puis pour rire.

Ecrire un mot : écrire des mots, passer le mot. Attention …

Les vilains mots, des mots sales, de vilains maux, mais aussi…

Des mots magiques, des mots « démos», les mots pour dire merci, s’il te plaît, ça me plaît.

Démos de mes mots, des mots de mes maux ;

Des mots, des modèles, des mots d’elle, des mots d’ailes, des mots d’elle avec des ailes pour s’envoler, oublier, s’alléger,

Des mots d’eux démodent des modes, parler, dire, écrire, conjuguer à d’autres modes, les mots parlent d’eux-mêmes.

Et puis reste…

Le mot de la Fin

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