... pour se trouver.
« C’est terrible ! » comme dirait mon inoubliable professeur de français en roulant les « r » et sa moustache frisottée… C’est terrible, je suis obligée de faire
le constat suivant : depuis mon accouchement, je n’ai plus de vie sociale.
C’est en ouvrant hier soir ma boîte de réception que j’ai été terrassée par cette idée…
Les seuls mails que je reçois sont ceux envoyés par des boutiques de vêtements, des sites aux quels je suis abonnée, ou par mon boulot (je ne compte pas les « spam ») .
Les seuls appels que je reçois sont ceux de la nounou du touptibou ou de mon cher et tendre colocataire qui me demande de passer prendre le pain ou le bébé. Parfois, ma mère, qui s’inquiète de
savoir si je survis (Oui, je survis !). Ma sœur, un peu plus rarement.
Sniff ! Je ne vois plus personne (ou trop rarement) à part mes collègues ; plus d’ami(e)s à l’horizon de ma boîte email, de "texto" délicieux, plus de petits encouragements
depuis que je suis devenue une nouvelle maman. Sans compter notre déménagement à une bonne heure de route – comprendre ce l’autre côté de la terre – une délocalisation obligée mais qui
isole, c’est sûr.
Plus rien, donc, depuis qu’il est de notoriété que je suis enfin heureuse. Et casée. Et maman une seconde fois… On dirait bien que je suis une femme comblée.
Si vous saviez... (Quelques unes connaissent, c'est certain...;-)
En réalité...
Je réalise qu'il me manque une grosse partie de ma-vie-d'avant.
Plus de câlins coquins, plus de bisous tendres du tendre, harassé lui aussi par ses journées bien occupées.
Plus de plage d’ennui (je suis si nostalgique de l’ennui !), plus de grasse matinée, plus de repos, plus de sommeil réparateur…
Plus d’éclats de rire à vélo, sous le soleil, de course sous les filaos, sous le souffle de la mer, d’air qui file à mes oreilles, et de moucherons aspirés par le nez au rythme de ma course.
Plus de jolies jambes fuselées à glisser dans leurs jolis souliers.
Plus de joli derrière musclé par la pratique du vélo, à poser sur une chaise de resto ou de pub, pour se laisser aller à discuter, rire, regarder les gens et le temps passer.
Plus de cancans "cocoon", de racontars entre potes et potasses, de complicité aux terrasses des cafés (Vous me manquez, les filles, et toi F !).
Plus de textes acidulés, de dessins af-futés, de couleurs à poser, plus le temps.
Plus de shopping (enfin, si, là, je trouve le temps un peu quand même ;-)
Plus le temps non plus d’aller voir mon cher psychologue (zut, j’ai oublié, il a décidé d’aller faire le tour du monde, quelle veine pour lui, zut pour moi), pour qu’il me remonte les bretelles
et le moral.
« Et c’est le temps qui court ! » (Mes références musicales sont discutables, mais c’est comme ça !)
En contrepartie...
Des bisous en partance furtifs en passant, de ceux qu’on glisse du bout des lèvres pour ne pas de laisser démaquiller, juste avant de remplir sa journée et ses obligations professionnelles. Plus
le temps, vite…
Des jambes fatiguées, tremblant sous leur cellulite bien implantée.
Des pieds gonflés, qui s’étalent dans des sandales essoufflées.
Des talons hauts qui se font rares car douloureux… Plus l’envie…
Des nuits courtes, entrecoupées par des pleurs de bébé affamé.
Des nuits dans un lit qui ne sert plus qu’à gagner un peu du sommeil perdu, un havre qu’on regagne le soir venu avec une notion du temps qui a changé ; la certitude nous tient que les jours se
rallongent au détriment des nuits ! On tombe comme une masse après avoir vaguement préparé la journée du lendemain pour le boulot. Plus de câlins (Allez, si, de temps en temps, le week-end,
quand la folie nous prend !).
Du maquillage, un peu. Il en faut bien, pour tenter de dissimuler cernes et taches : Oh le joli masque, qui n’empêche pas cependant de recevoir son lot quotidien de « Oh, tu as l’air
bien fatiguée ! ». Plus le temps de se reposer…
Une crinière qui a perdu la soie de la grossesse, et qui se dépouille... (En même temps, j'ai une telle touffe de cheveux que je ne crains pas la calvitie!). On tente le matin de
l’apprivoiser en une sorte de flou artistique (plus flou qu’artistique, c’est sûr). Pas de coiffeur, plus le temps…
...
Bref, j’arrête là, c’est trop glamour !
Après l'avalanche de visites pour la naissance du petit, c'est le calme plat. C’est vrai que je n’appelle pas souvent. Que je ne réponds pas toujours à mes mails (mea culpa). Et
puis, je sais qu'on laisse les jeunes pare,nts traquilles, parce qu'on a peur de réveiller bébé, qu'on les sait trop occupés.
J’ai bien sûr rencontré ces derniers temps des gens intéressants, des filles, des mamans, des papas… près de ce nouveau chez moi. Mais pas le temps de les voir, non plus, sinon en coup de
vent.
Et puis, vous entrevoir, une fois, comme ça, au détour dun baptême ou d'un dîner (quand il nous arrive de mettre le nez dehors), ça me rend nostalgique...
Allez, une année pour se reconstruire, retrouver une forme de sportive surentraînée (ceux qui me connaissent doivent rigoler), un mental d’acier, un humour vif, renouer avec les amis
délaissés, et repartir du bon pied.
Je persiste et signe, c'est dur de se conjuguer à tous les modes (maman, amante, amie, enseignante, sportive du dimanche et coquette avérée) mais mon bébé d’amour n’aurait pas pu tomber
plus à propos. Ça, c’est vrai…
Et puis, sans les défis, la vie serait trop facile, non ?
Non (ça, c’est carrément faux, de la mauvaise foi en conserve) mais faut bien trouver quelque chose à dire pour conclure (Mon excuse : j’ai un cerveau de mère, donc un peu moins
entraîné, mais j’y travaille).
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